Menu

Apostasie et peine de mort en Arabie saoudite

Rédigé le Vendredi 20 Mai 2016 à 17:46 | Lu 127 fois


Question avec demande de réponse écrite à la Commission - Article 130 du règlement
Joëlle Bergeron (EFDD)


Le journal belge De Standaard a révélé sur son site que le ministère saoudien des affaires publiques avait publié une annonce dans les journaux afin de recruter huit bourreaux pour exécuter le nombre croissant de peines de mort dans la péninsule.

L'Arabie saoudite applique d'une façon rigoureuse la charia. Des crimes comme le trafic d'armes, de drogues et les assassinats y sont punis de mort par décapitation.

L'apostasie y est également passible de la peine de mort.

La Commission européenne, par la voix de son vice-président Frans Timmermans, vient de condamner les propos du Premier ministre hongrois Viktor Orbán parce qu'il a soulevé en public la question du rétablissement de la peine de mort dans son pays.

L'Arabie saoudite est un allié des Occidentaux.

La haute représentante a-t-elle déjà exprimé sa désapprobation à propos des exécutions barbares en Arabie saoudite?

La haute représentante n'estime-t-elle pas que l'Union européenne devrait prendre des sanctions à l'égard d'un pays où l'apostasie est passible de la peine de mort?

Réponse donnée par Mme Mogherini, Haute Représentante/Vice-présidente le 12 novembre 2015
La Vice-présidente/Haute Représentante est très consciente du problème soulevé par l'Honorable Parlementaire.
Le bilan de l'Arabie saoudite en matière de Droits de l'homme demeure un sujet de préoccupation pour l'Union européenne et la situation est particulièrement inquiétante en ce qui concerne la peine de mort. 
Le SEAE, tant à Bruxelles que localement par l'intermédiaire de la délégation de l'UE à Riyad, continue de mener régulièrement des démarches de sensibilisation, à caractère officiel ou non, auprès des autorités saoudiennes au sujet de la peine de mort, en coordination étroite avec les États membres de l'UE, en particulier en cas de violation des normes minimales des Nations unies. L'UE entretient aussi des contacts réguliers avec les organisations de la société civile et les défenseurs des Droits de l'homme, et saisit les autorités compétentes des cas préoccupants. Depuis 2013, la délégation de l'UE a obtenu que des diplomates puissent assister à des procès n'impliquant aucun citoyen européen et elle a ainsi pu suivre de près un certain nombre d'affaires.
Le deuxième cycle de l'examen périodique universel (EPU), auquel le pays a été soumis en octobre 2013 au Conseil des Droits de l'homme des Nations unies, a été l'occasion de discuter de la situation générale sur le plan des Droits de l'homme en Arabie saoudite, et entre autres du recours à la peine de mort. L'UE entretient un dialogue permanent avec les autorités saoudiennes sur les préoccupations relatives au respect des Droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le Royaume et encourage les mesures de réforme, en s'appuyant notamment sur les recommandations faites dans le cadre de l'EPU, tout particulièrement en ce qui concerne la restriction du champ d'application de la peine de mort et la mise en œuvre de normes garantissant le droit à un procès équitable et transparent.
L'UE continuera à suivre de près la situation des Droits de l'homme en Arabie saoudite et d'exprimer son inquiétude par la voie diplomatique appropriée chaque fois que cela sera nécessaire.